Simulation
Grâce à cette simulation en réalité virtuelle sur le TDAH, les enseignants, les éducateurs spécialisés, les coachs spécialisés dans le TDAH, les travailleurs sociaux, les supérieurs hiérarchiques, les formateurs, etc. peuvent faire l'expérience directe des symptômes du TDAH et ainsi approfondir leur compréhension de ce trouble dans le milieu scolaire et professionnel.
Aperçu de la simulation en réalité virtuelle du TDAH
Questions sur la simulation en réalité virtuelle du TDAH
Un processus de développement participatif
La simulation en réalité virtuelle du TDAH a été développée selon une démarche participative et scientifiquement fondée. Plutôt que de reproduire le TDAH depuis un point de vue extérieur, des personnes concernées ont été systématiquement associées à l’ensemble du processus, non seulement lors des tests finaux, mais dès le début.
Le principe « Rien sur nous sans nous » a guidé le développement : les personnes présentant un TDAH sont considérées comme expertes de leur propre vécu. Leurs connaissances sont indispensables pour qu’une simulation puisse représenter leur réalité de manière crédible. Cette approche renforce l’authenticité, car les caractéristiques représentées reposent sur des expériences du TDAH recueillies de manière méthodique, et non sur des suppositions ou des stéréotypes. Elle permet également de valider empiriquement le processus de développement et respecte les principes de la neurodiversité en faisant des personnes concernées de véritables co-créateur·rice·s. Les points de vue des utilisateur·rice·s potentiel·le·s ont également été pris en compte.
Des séances de validation structurées
L’étude d’accompagnement a réuni deux perspectives : les expériences des personnes présentant un TDAH, recueillies lors de séances de validation structurées, et les points de vue des futur·e·s utilisateur·rice·s, collectés au moyen d’entretiens qualitatifs avec des professionnel·le·s de l’éducation.
Les premiers prototypes ont été testés avec des enfants et des jeunes présentant un TDAH ainsi qu’avec des utilisateur·rice·s potentiel·le·s. Les enfants et les jeunes ont fourni un retour structuré afin d’indiquer si l’expérience proposée correspondait à leur propre perception. Sur cette base, l’équipe de développement en réalité virtuelle a adapté l’application. BeLEARN a assuré la gestion du projet et la conduite des entretiens avec les expert·e·s, tandis que l’équipe scientifique était responsable du protocole et des séances de validation ainsi que du guide d’entretien.
Au plus près du vécu des personnes concernées
L’étude d’accompagnement visait à vérifier l’authenticité de la simulation du point de vue des personnes concernées, à évaluer sa pertinence pour le quotidien scolaire, à examiner son utilisabilité par les professionnel·le·s et à formuler des recommandations pour la suite de son développement.
La simulation en réalité virtuelle du TDAH n’est donc pas un produit simplement conçu sur le TDAH, mais un outil développé avec les personnes concernées : testé de manière itérative, évalué empiriquement et progressivement rapproché de leur vécu réel.
Point de départ : les difficultés de filtrage des stimuli dans le TDAH
La conception sonore de la scène en salle de classe reproduit de manière ciblée les difficultés de filtrage des stimuli auditifs associées au TDAH. Elle repose sur le constat que les personnes présentant un TDAH peuvent avoir du mal à distinguer les stimuli acoustiques pertinents de ceux qui ne le sont pas. Les stimuli saillants peuvent notamment rendre le contrôle de l’attention particulièrement difficile (Grane et al., 2016). Tous les sons ne sont cependant pas aussi distrayants : certaines caractéristiques acoustiques jouent un rôle déterminant.
Les sons particulièrement distrayants
Les sons soudains et imprévisibles, comme une sirène ou une porte qui claque, sont particulièrement distrayants, car ils provoquent une réorientation immédiate de l’attention (Grane et al., 2016). Les sons porteurs de sens et contenant de la parole, comme des conversations dans le couloir ou des voix d’enfants pendant la récréation, peuvent également être problématiques. En effet, le traitement sémantique du langage s’effectue automatiquement et est difficile à inhiber (ADDitude Magazine, s. d.-a).
Les bruits corporels, tels que les bruits de mastication, le fait de se moucher ou de renifler, constituent une autre catégorie. Ils présentent un potentiel élevé de déclenchement de la misophonie et peuvent provoquer de fortes réactions émotionnelles, comme la colère, l’anxiété ou le dégoût, chez une proportion importante de personnes présentant un TDAH (Baird, 2023). Les sons répétitifs, comme le tapotement d’un stylo ou le clic d’un stylo à bille, peuvent également capter involontairement l’attention et devenir un point de focalisation envahissant (ADDitude Magazine, s. d.-b).
Les sons peu perturbateurs
À l’inverse, les bruits de fond constants et prévisibles, dépourvus de contenu sémantique, comme une circulation routière régulière ou le chant des oiseaux, ont tendance à être peu distrayants. Ils peuvent produire un effet proche de celui du bruit blanc, susceptible de favoriser les performances cognitives et la mémoire des enfants présentant un TDAH (Söderlund et al., 2016 ; Castellanos et al., 2024).
Certaines études montrent également que le bruit blanc peut améliorer les performances cognitives des enfants ayant un faible niveau d’attention, tandis qu’il peut produire l’effet inverse chez les enfants dont le niveau d’attention est moyen ou supérieur à la moyenne (Helps et al., 2014). Les bruits produits et contrôlés par la personne elle-même, par exemple lorsqu’elle dessine ou cherche quelque chose dans sa trousse, sont également peu perturbateurs, car ils sont maîtrisés et liés à la tâche en cours (ADDitude Magazine, s. d.-c).
Mise en œuvre dans la simulation en réalité virtuelle du TDAH : un système d’intensité à quatre niveaux
L’effort d’écoute accru que doivent fournir les personnes présentant un TDAH dans des conditions perturbatrices a également été démontré empiriquement (Strait et al., 2020). Sur cette base, un système d’intensité à quatre niveaux, allant de 0 à 3, permet de faire ressentir les difficultés de filtrage des stimuli dans la première scène de la simulation.
À chaque niveau, les bruits parasites deviennent plus présents par rapport à la voix de l’enseignant·e, jusqu’à rendre pratiquement impossible une écoute attentive. Les utilisateur·rice·s peuvent ainsi expérimenter directement que les difficultés attentionnelles associées au TDAH ne relèvent pas d’un manque de volonté, mais d’une réalité neurologique. La simulation permet également de ressentir à quel point il peut être éprouvant de devoir lutter continuellement contre les bruits parasites.
Sources
ADDitude Magazine. (s. d.-a). Sound sensitivity and ADHD: How noise affects focus. Consulté le 19 août 2026 sur https://www.additudemag.com/sound-sensitivity-adhd-noise-distractions/
ADDitude Magazine. (s. d.-b). ADHD and noise sensitivity: Why certain sounds are overwhelming. Consulté le 19 août 2026 sur https://www.additudemag.com/adhd-noise-sensitivity-sound-overload/
ADDitude Magazine. (s. d.-c). How to manage sound sensitivity with ADHD. Consulté le 19 août 2026 sur https://www.additudemag.com/managing-sound-sensitivity-adhd/
Baird, A. (2023, 15 novembre). Misophonia and ADHD: Understanding the connection. Verywell Mind. https://www.verywellmind.com/misophonia-and-adhd-8351626
Castellanos, F. X., Merrill, A. M., & Alport, E. (2024). Meta-analysis of the effects of white and pink noise on cognitive performance in children and young adults with and without ADHD. JAMA Network Open, 7(3), e241056. https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2024.1056
Grane, V. A., Brunner, J. F., Endestad, T., Aasen, I. E. S., Kropotov, J., Knight, R. T., & Solbakk, A. K. (2016). ERP correlates of proactive and reactive cognitive control in treatment-naïve adult ADHD. PLoS ONE, 11(7), e0159833. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0159833
Helps, S. K., Bamford, S., Sonuga-Barke, E. J. S., & Söderlund, G. B. W. (2014). Different effects of adding white noise on cognitive performance of sub-, normal and super-attentive school children. PLoS ONE, 9(11), e112768. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0112768
Söderlund, G. B. W., Sikström, S., Loftesnes, J. M., & Sonuga-Barke, E. J. (2016). The effects of background white noise on memory performance in inattentive school children. Behavioral and Brain Functions, 12(1), 10. https://doi.org/10.1186/s12993-016-0095-y
Strait, D. L., Chan, K., Ashley, R., & Kraus, N. (2020). Increased listening effort in adult attention deficit hyperactivity disorder. Journal of Speech, Language, and Hearing Research, 63(8), 2609–2619.