Trouver la bonne place
La place est choisie en fonction de l’enfant, de la situation d’enseignement et de son besoin de soutien du moment. L’objectif est de proposer un poste de travail qui favorise au mieux l’attention, la participation, le mouvement et le travail autonome.
Informations clés
Nieveau(x) scolaire(s) : Cycles 1 et 2
Lien avec le plan d’études : Compétences transversales
Focus: Distraction, Rêverie, Hyperactivité
Mise en œuvre
Idée de base. Il n’existe pas une place idéale valable dans toutes les situations. Le choix dépend des besoins de l’enfant et des conditions qui l’aident, à ce moment-là, à rester attentif, à participer et à travailler de manière aussi autonome que possible.
Ne pas placer automatiquement devant. Une place proche de l’enseignant·e peut être utile si l’enfant perd souvent le fil de la consigne, décroche mentalement ou bénéficie d’un bref contact visuel et de signaux discrets. Pour un enfant facilement distrait, une place plus calme et moins stimulante peut être préférable.
En cas de rêverie. Une place très isolée n’est pas automatiquement utile. Une bonne visibilité de l’enseignant·e, du tableau et de l’activité de classe peut aider l’enfant à retrouver le fil. Des signaux discrets convenus peuvent compléter ce soutien.
En cas de forte distractibilité. Observer consciemment le champ visuel et l’environnement : porte, passage, zone de matériel ou voisin·es très bavard·es. Une petite modification de la position ou des voisin·es peut parfois suffire.
En cas de fort besoin de mouvement. Une place en bordure ou offrant davantage d’espace peut faciliter les changements de position sans interrompre constamment le travail des autres.
Enseignement collectif aux pupitres. Lors des phases d’enseignement collectif, il est souvent important que l’enfant voie bien l’enseignant·e, le tableau et les démonstrations et qu’un bref contact soit facilement possible. Une place plus proche de l’avant peut convenir, mais ce n’est pas toujours nécessaire. Selon l’enfant, une place latérale, un peu éloignée des zones de passage ou à côté d’un·e camarade calme peut être plus adaptée.
Cercle de discussion et échanges collectifs. Dans le cercle également, la place doit être choisie de manière réfléchie. Pour les enfants qui ont tendance à rêvasser ou à perdre le fil de la discussion, une place offrant une bonne visibilité de l’enseignant·e et du centre du cercle peut être utile. Une place directement à côté de l’enseignant·e peut faciliter de brefs signaux discrets. Pour les enfants facilement distraits, il peut être préférable d’éviter une place à côté de camarades particulièrement agité·es ou bavard·es ainsi que les zones de passage fréquent. Les enfants ayant un fort besoin de mouvement peuvent bénéficier d’une place en bordure du cercle, permettant de petits changements de position sans interrompre constamment le groupe. Ici aussi, la place adaptée dépend de l’enfant, du groupe et de l’objectif de la situation d’échange.
Formes ouvertes et travail individuel. Lors d’un travail en ateliers, d’un plan de travail ou d’un travail individuel, d’autres critères peuvent devenir prioritaires : moins de distractions, suffisamment d’espace, un endroit calme ou la possibilité de changer temporairement de place.
Travail à deux ou en groupe. La composition du groupe devient aussi importante que l’emplacement. Un partenaire adapté ou un groupe calme peut avoir davantage d’effet que la position de la table.
Tenir compte de la position de l’enseignant·e. Être proche de l’enseignant·e ne signifie pas forcément être assis devant. Lorsque l’enseignant·e circule, s’assoit auprès de groupes ou travaille temporairement au fond de la classe, la proximité change. Sa propre position dans la salle peut donc être utilisée de manière consciente.
Permettre des places flexibles. Un enfant n’a pas nécessairement une seule place optimale pour toute la journée. Selon la phase, une place pour l’apport collectif, un endroit calme ou une place en groupe peuvent être appropriés.
Impliquer l’enfant. Discuter avec lui des endroits où écouter et travailler est plus facile, de ce qui le distrait et de ce qui l’aide à revenir à la tâche. Relier son point de vue aux observations de l’enseignant·e.
Essayer, observer, ajuster. Tester un changement pendant une période convenue. Observer par exemple si l’enfant commence plus facilement, reste plus longtemps engagé, a besoin de moins de rappels ou régule mieux son besoin de mouvement. Ajuster ensuite si nécessaire.
Important : jugement pédagogique. Ces indications ne sont pas des règles fixes. L’enseignant·e évalue la situation, la forme d’enseignement, la dynamique de classe et les besoins actuels de l’enfant. Ce qui aide aujourd’hui ou pendant un travail silencieux peut être inadapté demain ou lors d’un travail de groupe.
Pas de place-punition. Une place individuelle, en bordure ou proche de l’enseignant·e doit être utilisée comme soutien et non comme sanction. L’objectif est d’offrir un environnement d’apprentissage adapté sans stigmatiser l’enfant.
Matériel
Aucun matériel supplémentaire n’est nécessaire. Selon la phase d’apprentissage, différents postes de travail de la classe peuvent être utilisés.
Références
D’après : Selin Güler, enseignante primaire et chargée de transfert de connaissances chez BeLEARN